Il n’y a pas d’autre mot : c’est un scandale ! La France est victime d’une épouvantable tricherie. Elle a été rétrogradée au classement de la FIFA où elle figurait en septième position ; elle aurait donc dû figurer parmi les têtes de liste épargnées lors du tirage au sort. Au lieu de quoi, ces messieurs de l’internationale footballistique réunis à Prétoria sont allés chercher un vieux classement où la France n’était que neuvième. Pas de tête de liste, donc.

Nous pensions pourtant en avoir définitivement terminé avec la fameuse main de Thierry Henry, comme l’indiquait très opportunément le "Regard" de J.C. Souléry dans "La Dépêche" de ce dimanche. Tout était dit. Nous avions également cru la querelle avec Dublin totalement purgée après que le XV de France eut été étrillé par les Néo-Zirlandais. Pas du tout. Monsieur Blatter et ses complices sont déterminés à nous faire payer cette peccadille jusqu’à la fin des temps. Les colonnes de l’anti-France sont en marche.

La situation est totalement absurde. Un peu comme si cet Irlandais de Beckett avait écrit "En attendant Ronaldo". Quelle contrition attend-on des Bleus ? Quelle autre pénitence va-t-on leur imposer ? Quand ils joueront au Cap, on pourrait peut-être les enfermer à Robben Island. Ou même leur trouver, avec l’aide de nos services météorologiques, un petit hôtel aux Kerguelen. Là au moins, ils seraient sûrs de pouvoir s’entrainer avec des manchots.

Nous avions perdu la précédente Coupe du Monde sur un coup de tête qui était un fameux coup de main donné à l’Italie. Pour cette fois, une petite main minuscule, subreptice ou même inadvertante fait perdre la tête de la FIFA.

Sûr que les autorités du foot vont continuer à frauder lors du tirage au sort complet, ce vendredi. Ils vont envoyer nos petits gars se faire dévorer par l’ogre brésilien ou par les lions indomptables de Côte d’Ivoire, se faire piétiner par les éléphants de Didier Drogba. Ce n’est plus du football, c’est un jeu de massacre. Ces malveillants sont même capables d’organiser au match France-Algérie avec un ou deux buts litigieux et deux ou trois fautes d’arbitrage bien grossières. Nous aurons alors, dans toutes les hypothèses sportives, des problèmes diplomatiques considérables mais également une petite guerre civile dans nos quartiers réputés difficiles.

Et ce Ponce-Pilate de Blatter s’en lavera les mains, abrité derrière la neutralité de la Suisse où siège la FIFA. Non contente de fustiger les constructeurs de minarets, la Suisse entend mettre le feu à la Seine-Saint-Denis. Pas très bon pour le refroidissement climatique, tout cela. Mais que fait Nicolas ?

En attendant ces catastrophes prévisibles, recommandons, si nous ne l’avons déjà fait, un excellent livre de François Bégaudeau, "Jouer juste". Même dans l’injustice.